Personnages d'AFN

François Coulet





François Coulet [1]

Le commandement des Commandos Parachutistes de l'Air est confié par le Général de Maricourt au Commandant de réserve François Coulet. Celui-ci est né en 1906 à Montpellier ou son père est recteur de l'académie. Diplomate de carrière à Helsinki, il quitte son poste en juin 1940 pour rejoindre l'Egypte et les Forces Françaises Libres. Chef de Cabinet du Général de Gaulle à Londres de mai 1941 à octobre 1942, il commande à partir de 1942 l'Infanterie Française de l'Air en Grande Bretagne. Il effectue l'entrainement parachutiste à Largo en Ecosse auprès des instructeurs parachutistes Polonais de la 1ère Brigade indépendante de Parachutistes ( Polonais ). Il obtient le Brevet n°1681 à Rigway, Manchester. Ce chiffre élevé de Brevetés à une époque ou en France, il n'atteint pas 300, s'explique par le fait que les Parachutiste Polonais ne sont pas volontaires. Ils reçoivent une affectation en fonction de leurs capacités physiques et morales. Ils sont également instructeurs de saut auprès d'autres unités alliées auxquelles ce Brevet est également décerné. Le Capitaine Coulet quitte ce commandement en juin 1943. En septembre de la même année, il est nommé Secrétaire Général de Préfecture et rejoint la Corse en cours de libération. En juin 1944, il est en Normandie, Commissaire de la République des Territoires Libérés. Avec la fin de la Guerre, c'est le retour à la carrière Diplomatique: Helsinki de 1947 à 1950, puis Ambassadeur de France en Iran de 1950 à 1954 et en Yougoslavie de 1954 à 1956.

En 1956, il est furieux de voir, après la perte de l'Indochine, l'Algérie s'installer dans la rebellion. Il estime en outre sa participation physique à la guerre de 1939-1945 insuffisante. Agé de 49 ans, bien portant, Commandant de réserve de l'Armée de l'Air, Breveté Parachutiste, il demande et obtient du Ministère des Affaires Etrangères sa mise en disponibilité. Il a alors la chance de rencontrer le Général de Maricourt qui veut créer une unité Parachutiste Air. Cette rencontre est relaté dans l'ouvrage qu'il écrit en 1966 « Vertu des temps difficiles ».

Du mois de mai à l'automne 1956, le Commandant Coulet trouve auprès du Colonel Sermet, plus spécialement chargé par le commandement de l'Air en Algérie de l'organisation des Commandos un très efficace conseiller. Il lui faut en effet s'initier aux démarches, au vocabulaire, aux sigles qui sont nouveaux pour lui. Son ignorance administrative est toutefois largement compensée par sa personnalité (ambassadeur, de Gaulle,,,), par la surprise causée par sa décision et les appuis qu'il est en mesure d'obtenir de Paris auprès de l'Etat Major ou des Ministères.

Placé à la tête des Commandos Parachutistes de l'Air, le Commandant Coulet a l'idée, afin de parfaire leur formation, de faire effectuer à ses hommes des stages opérationnels. Au cours de ceux-ci les Commandos se trouvent intégrés aux meilleurs Régiments Parachutistes. Il s'agit d'une initiation ultra-rapide aux combats. Les néophytes sous le feu de l'ennemi ont ainsi « en quelques minutes la révélation de ce que l'on apprend pas dans une cour de caserne, ou souvent en toute une vie »[2]. L'esprit de corps les incites à se surpasser aux yeux de leurs anciens.

Le Commandant Coulet se plie lui même à cette expérience qui est une réussite. En juin 1956, il est l'hôte du 3ème R.P.C. Du Colonel Bigeard, du 2ème R.P.C. Du Colonel Chateau-Jobert [3], puis à nouveau du 3ème R.P.C.. Il apprend pour son propre compte « à souffrir, à se taire et à commander »[4]. Il s'impose « par son courage, sa résistance physique et son parfait esprit de camaraderie »[5].

Diplomate de carrière, le Commandant Coulet choisit comme indicatif radio Norpois. Le Marquis de Norpois est, dans l'oeuvre de Proust le prototype du Diplomate idiot. Il s'attache à cet indicatif qu'il réussit à conserver alors que toutes les unités d'Algérie sont tenues d'en changer périodiquement. Ces changements sont destinés à rendre plus difficile l'identification sur les ondes des messages radio éventuellement captés par l'ennemi.


[1] Témoignage du Commandant Coulet.

[2] « Vertu des temps difficiles », François Coulet, 1966.

[3] Le Capitaine Coulet qui commandait en 1942 à Camberley l'Infanterie de l'Air a eu sous ses ordres pendant quelques semaines Chateau-Jobert.

[4] « Vertu des temps difficiles », François Coulet, 1966.

[5] « Pour une parcelle de gloire », Général Bigeard, 1975.


Extrait de « Les Commandos de l'Air »

Contribution à l'histoire des Commandos Parachutistes de l'Air en Algérie (1956-1962)

Henri Féraud