Félix Brunet




"C'est le colonel Brunet, véritable héros de 39-45 et d'Indochine, qui est le premier à armer les hélicoptères de canons et de mitrailleuses lourdes. Il est mort maintenant, mais doit savoir que ses idées ont été adoptées et copiées par toutes les aviations du monde. Notre Armée de l'Air est pourtant longue à comprendre et je crois que sans mon insistance il ne parviendrait pas à ses fins. La Chasse est une grande dame très aristocratique et souvent dépourvue de modestie. Elle croit être la seule à avoir la noble mission de tirer et n'imagine pas que de gros appareils ventrus et balourds comme les hélicoptères H.34 puissent avoir le moindre succès. Ils sont pourtant d'une efficacité remarquable."
Ecrit par le Général de Maricourt


Le Colonel Félix Brunet, à la tête du poste de Commandement Air Directeur de Colomb-Béchar en septembre 1959, il lui reste à peine quelques semaines à vivre.

Ayant connu toutes les Guerres, il fut tout naturellement un homme de Guerre. Né avec la première, il décédera au cours de celle d'Algérie, malade, épuisé, au terme d'une vie consacrée à sa passion: l'Aviation (C. Micelli Air Actualité.)
Né à Loos en janvier 1913 dans le Nord, il décéde à l'age de 46 ans d'une affection cardiaque.

Aviation de Chasse pendant la seconde Guerre Mondiale, la Guerre d'Indochine. En 1954, il rejoint l'AFN, il obtient son Brevet de Pilote d'Hélicoptère. Colonel à 43 ans, il prend le Commandement de l'Escadre d'Hélicoptère n°2 à Oran et lui offre pour devise "Combattre et sauver". Il a beaucoup rélèchit sur l'emploi de l'Hélicoptère. Il décide d'Armer les H34 afin de traiter les DZ pour ensuite y déposer des Troupes Héliportées en sécurité. Avec l'aide du Cne Emile Martin, il envisage de placer des mitrailleuses en sabord aux hublots des H34, ce qui finit par être agréé par les autorités militaires. Brunet le Baptise "Mammouth", son indicatif radio.

On connait le travail effectué avec ces appareils associés aux CPA.

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Felix Brunet dans un H34

En 1954, le commandant de la base aérienne Roland Garros à Bizerte – Sidi-Ahmed était le lieutenant-colonel Félix Brunet, plus affectueusement connu sous son seul prénom. Félix était un homme bouillant et expéditif, incapable de se laisser brider par un obstacle administratif lorsque l’efficacité opérationnelle était en jeu : il lui arriva de faire en avion un aller et retour éclair à Tunis à seule fin d’y aller boxer un officier de l’état-major que ses arguments téléphoniques n’avaient pas convaincu… Félix avait de l’imagination. Dès qu’il eut l’intuition, fin 1954, que «c’était reparti comme en Indo », il organisa, à l’usage des sous-lieutenants et des lieutenants, des cours d’appui aérien dont il fut le professeur et le répétiteur, avec des exercices de guidage des avions sur des objectifs désignés, exercices terminés par des tirs réels au champ de tir. Opportune initiative car, bien avant que nos propres avions ne fussent engagés, nous avons eu, les sous-lieutenants, à nous relayer à la tête d’un PGA (poste de guidage avancé). Là, munis de deux jeeps dont une radio, d’un caporal, d’un « homme », de trois mitraillettes et d’une tente, nous faisions la liaison entre les « Trosols » et les F-47 ou autres Ju-52 qui constituaient alors la force de frappe. C’est donc par procuration que j’ai tiré mes premières cartouches opérationnelles dans la région de Canrobert en septembre 1955 puis, en octobre, dans les Matmatas non loin de Foum Tatahouine (mais oui !). Avec une drôle de sensation lorsqu’une estafette époumonée vint avertir que « les avions tiraient sur les trosols ». Le colonel Quilichini, qui commandait l’opération, avait commencé de réconforter « l’aviateur » quand il s’avéra que c’étaient les douilles de 12.7, éjectées des seize mitrailleuses des deux F-47, qui faisaient résonner les casques lourds. C’était de l’appui au plus près. Revenons à Félix. Il avait constaté qu’entre deux passes de tir des avions d’une patrouille il existait un trou pendant lequel les rebelles pouvaient bouger et même tirer sur l’appareil en dégagement. Il commença par nous inventer des circuits à quatre avions, sortes de feuilles de trèfle un peu compliquées, supposés répondre au double critère : toujours un avion en train d’attaquer et jamais le même axe de tir. Ça a marché, un peu seulement : on avait rarement quatre avions sur un même objectif, la DCA n’était pas si
terrible et le relief imposait souvent l’axe d’attaque. Alors Félix eut une autre idée, celle d’une plate-forme quasi immobile, d’où l’on ne perdait pas de vue l’objectif et d’où l’on pouvait cracher le feu en permanence. Ayant ainsi conçu l’hélicoptère armé, il le fit réaliser et expérimenter contre tous les avis de la hiérarchie, et finalement à son insu, jusqu’à ce que le succès de la formule en fît revendiquer la paternité par tout un chacun. Il s’enthousiasma pour l’hélicoptère en général et, ancien commandant de base devenu colonel ancien, il redevint commandant d’escadre, PGA volant et simple combattant afin d’éprouver lui-même ses idées. Il succomba, littéralement, d’épuisement à cette tâche fin 1959, au Sahara. On pouvait, puisqu’on évoquait la guerre d’Algérie, donner à Félix un coup de chapeau.
(Extrait de: Revue historique des armées, n°2 – 1992).


H34 baptisé "Mammouth" qui rendra d'inestimables services au cours de la Guerre d'Algérie.


1958 - Mammouth équipé de tubes lances roquettes, mitrailleuses de sabord et
canon de 20mm